Aurélien Miklas / Fourre-tout numérique : photos, news, Facebook, "curation", mountainbike, etc.

 

Michael Hart, père du Project Gutenberg, est mort…

Si vous aimez lire et que vous n’êtes pas insensibles à la libre diffusion des œuvres littéraires, vous connaissez sans doute le Project Gutenberg . Dans les années 70, Michael Hart a le projet fou de numériser les textes dont le copyright est tombé dans le domaine public, ou des livres dont l’auteur donne son accord (ça existe !). A l’heure actuelle, cette bibliothèque numérique déclare avoir mis en ligne plus de 35.000 ebooks disponibles sont différents formats (ePub, Kindle, HTML, txt, pdf, etc.).

Le 6 septembre dernier, Michael Hart est mort à 64 ans seulement. C’est en quelque sorte le créateur du eBook qui vient de disparaître, un homme qui a posé les bases de la révolution que vit actuellement le marché du livre. Ainsi, en mai dernier, Amazon annonçait vendre aux États-Unis plus d’eBooks que de bons vieux bouquins en papier.

En France, dans la torpeur estivale, Jean-Marc Roberts, qui dirige les éditions Stock, s’est déclaré contre la vente en ligne des livres. Amazon & Co. détourneraient les lecteurs de la littérature : "Il faut se battre pour le lieu unique : la librairie, pas la vente en ligne, qui va peu à peu détourner le vrai lecteur de son libraire et donc de la littérature.” Ce monsieur semble avoir l’esprit bien étroit… Et cet esprit étroit ne présage rien de bon pour sa maison d’édition. Plus encore, il témoigne de bien peu d’imagination pour relancer ou maintenir son business à flot. Prenez par exemple l’industrie du cinéma qui voyait son arrêt de mort signé par les réseaux de PeerToPeer : un nombre d’entrées record en salles, des ventes de Blu-Ray en croissance (malgré la mort annoncée des supports physiques) et des offres de VOD qui séduisent les consommateurs. Il doit bien y avoir des idées à prendre. Ah, oui : les plus rabat-joie vous diront que le livre n’est pas un bien de consommation comme un autre, que la librairie est un sanctuaire, blablabla… Les librairies qui marchent le mieux sont justement celles qui se sont “désanctuarisées”.

Allez monsieur Roberts, un petit effort pour imaginer l’évolution de votre métier. Comprenez qu’il est difficile pour nous d’acheter un livre à 25€ en prenant le risque de le refermer à la dixième page parce qu’il n’est pas bon ou ne correspond pas à nos goût. Et par pitié, ne protégez pas les livres numériques contre la copie. Il est absurde de devoir acheter trois copies numériques différentes pour son ordinateur, son smartphone et sa tablette, sous prétexte d’un verrou DRM (Digital Rights Management). Un livre ça se lit, ça se prête, ça s’échange… Et Michael Hart œuvrait depuis plus longtemps que vous dans ce sens.

  1. aurelienmiklas a publié ce billet